Journal de résidence entre-lieu
Françoise Pacé chez Cécile et Cédric
A la ferme de la Tuilerie

Temps2/Octobre-Novembre  2014

 

 

La couleur du paysage s’est transformée : la matière des végétaux s’est modifiée.
Je cherche dans l’atelier, j’expérimente sur le papier et la toile, j’entrevois des changements et de nouvelles formes apparaissent. Les images de mes promenades me ramènent à des formes obsessionnelles et le pétillement de la création s’installe.
Toutes les directions sont bonnes à prendre et je sens que ce territoire offre un infini de possibilités comme un espace ouvert, dans ce clos de forêt d’Ecouves.
 Dans ce temps de la nuit pour entendre la forêt, mes pas rythment l’écho entre les troncs, je marche dans l’humidité nocturne. La forêt pleine de silence m’écoute. Et moi je respire doucement pour mieux entendre les battements de mon cœur. Le froid est là qui tenaille, enveloppe et pénètre.

Une sorte d’abandon à tout objet de création, à une liberté, par le biais de cette lente recherche qui m’anime depuis que je suis ici.
Les grandes portes se desserrent pour laisser cette lueur d’automne apparaître dans l’entrebâillement.

Je suis allée voir Cécile et Cédric, un peu moins souvent, mais je les retrouve heureux.
Les chèvres sont pleines, la saison se termine, les travaux d’hiver commencent.

En fin de journée, je suis les routes le long des haies, j’admire ce gris vert qui s’installe, la couleur en est si subtile. De la nature à l’atelier et de l’atelier à la nature il y a une sorte de porosité, une flexion des formes et des gestes qui s’installe dans le temps.