Journal de résidence entre-lieu
Françoise Pacé chez Cécile et Cédric
A la ferme de la Tuilerie

Temps4/ Février/Mars 2015

 

 

 

Le temps de la nuit.

Je me suis dissipée dans la nuit et me fais paysage.
Je marche dans la nuit et petit à petit, elle me recouvre et son ombre bleue tapisse les arbres, les prairies, les maisons. Enfin partout où le regard se pose.

Tout s’est éteint. Lumière ? Silence ?
Flux de la nuit.

L’éclat du mystère tapisse l’ombre et les reflets. Dans cette nuit bleue où les songes vagabondent au raz de la terre pour venir éclore dans l’air matinal au moment du réveille.
 Cueillir le temps qui passe tapis contre le talus des champs du marais. Ecouter sa peur et son réconfort, l’oreille colée à la terre, sentir l’herbe fraîche, maudire le froid. Mais aussi resté troublé par cette impression de solitude puissante. Une mise à nue d’où va éclore une autre respiration.

Le jour commence-il au début de la nuit ou au point du jour ? Naissent-ils ensemble le jour et la nuit entrelacés l’un à l’autre. Au crépuscule ou dans l’aurore. Elle et lui.
Il nous importe de les gratifier. Ensemble. Temps immuable qui va ; nous laissant dans notre humanité fragile qui nous mettra en mouvement. Saisir ou trouver cette vibration, où nous prendrons à bras le corps, notre existence d’Homme.

Du réconfort que nous procure les paysages aimés, de ceux qui marquent nos vies, nos choix, de ceux qui agissent comme un miroir sur notre être, ou comme une porte sur le monde,
nous nous glissons dans cette peau-paysage faite de la lumière de soleil, de pluies et de brouillards.

Voila pourquoi nous sommes tout à fait prêts pour y sentir le souffle de la terre.